jeudi 18 mars 2010

Hallucinations visuelles et peinture dans "L'emprise"






Elle n'a pas de nom. Tout comme les autres personnages de L'emprise, instances interchangeables entre les mains de Victor Grandier. Cela lui est arrivé. Cela pourrait arriver à d'autres. Au fur et à mesure que le monde extérieur ne lui dit plus rien, le corps du personnage féminin prisonnier de cette emprise devient illogique. Les images qui dansent oniriquement sous sa peau soudain lui sautent aux yeux. Les bords du monde fondent. Elle voit flotter tous les temps ensemble en une frise infernale. Le corps convulsé devient le lieu du rêve à l'état de sa formation en images. Au vide de la dépossession mélancolique (l'argent comme malédiction, la chair comme tombeau) répond le plein du corps de la possédée où un autre terrible vient se loger tout entier. Pour travailler au mieux la coloration extrêmement visuelle des hallucinations du personnage féminin, j'ai écrit ce roman en regardant un certain nombre de tableaux. Certains sont explicitement cités dans le texte. D'autres, plus cachés, surgiront, pour qui veut les voir, au détour d'un champ de blés ou derrière le papier peint gondolé d'une chambre d'hôtel.


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